DATE DE PUBLICATION 25/10/2024
Visite CASPER dans la région de Basilicata (Italie).
Du 08 au 10 octobre 2024, la FA’brique à Initiatives du Limousin était en Italie dans le cadre du projet Interreg CASPER, aux côtés de la région Nouvelle-Aquitaine.
Après la visite dans le Limousin au mois d’avril, c’était au tour de la région Basilicate, dans le sud du pays, d’accueillir le séminaire des partenaires européens : trois jours de visites et d’échanges pour s’inspirer des initiatives locales permettant de lutter contre le déclin des zones rurales.
L’objectif : identifier des bonnes pratiques pour répondre aux enjeux, et les faire essaimer en France, en particulier à travers l’évolution des politiques régionales.
Matera, ville troglodyte et chef-lieu de la région Basilicate, dans le sud de l’Italie
La culture et les coutumes locales comme levier de développement endogène
En Basilicate, autour de la ville de Matera, de nombreux acteurs publics ont choisi de mettre en valeur la culture et les coutumes locales, avec l’intention de montrer qu’il y a aussi des choses intéressantes à découvrir dans les petites villes.
Ce travail défend l’idée que les traditions et savoir-faire ruraux sont remarquables au même titre que l’architecture et les musées des plus grandes villes. Localement, le développement territorial a souvent été axé sur le développement du tourisme, perçu comme un moyen de créer des emplois non délocalisables. En effet, l’un des grands défis de la Basilicate est d’offrir des possibilités de travail aux plus jeunes, souvent contraints d’émigrer vers le nord du pays faute d’opportunités sur place.
Construire une offre touristique est donc un moyen de garder la population sur le territoire, et de lutter ainsi contre la désertification des campagnes.
A Stigliano, la municipalité, soutient et impulse depuis 2017 un festival des arts de la rue : AppARTEngo.
Chaque année, des artistes sont invités pour deux semaines de résidence, à l’issue desquelles ils produisent une œuvre inspirée de la culture locale, qui restera dans l’espace public de manière permanente.
Au fil des éditions, le village de 3 500 habitants se transforme en véritable musée à ciel ouvert, où statues, peintures murales et gravures se cachent et se découvrent à chaque coin de rue. Devenu un objet d’art en lui-même, où les œuvres physiques matérialisent les croyances invisibles, le village est désormais un pôle d’attraction touristique pour la région. Cette action bénéficie également à la population locale.
D’une part, car les associations et les artistes locaux travaillent conjointement avec les invités lors des résidences, ce qui les valorise et permet des échanges de pratiques très enrichissants.
D’autre part, car l’ensemble de la population est impliqué dans l’accueil des artistes extérieurs, à travers l’hébergement et la préparation de la nourriture, par exemple. L’événement est ainsi un véritable ferment de lien social, et d’encapacitation de la population.
Statue de La Mandarra, une sorcière du folklore local, réalisée dans le cadre du festival AppARTEngo. Stigliano
Faire monter en compétences les communautés locales
C’est également l’intention forte portée par le projet Matera capitale européenne de la culture 2019. Plus que la candidature d’une seule ville, c’est un véritable projet régional qui a été mis en place. La dynamique a été utilisée pour faire monter en compétences les acteurs locaux à travers la rencontre et le partage d’expérience, avec la conviction que ce serait là le véritable héritage de la démarche.
Pour ce faire, les temps de rencontre entre artistes étrangers et locaux, plus ou moins professionnels, ont été multipliés. Cela a par exemple été le cas avec l’action « capitale d’un jour » : chaque jour au cours de l’année, un village de la région était nommé Capitale européenne de la culture conjointement à la ville de Matera, et accueillait alors des manifestations de grande ampleur co-construites localement.
Entre apprentissage et valorisation, cette démarche a également permis de désacraliser le concept « d’art », en montrant qu’il pouvait être accessible à tout le monde et réalisable en tout lieu. Un levier inspirant pour dépasser le sentiment d’illégitimité de certains publics face à ce type d’expression. Au fondement de la démarche, pour les organisateurs, la conviction que l’art permet la création de nouveaux modèles de sociétés et de développement, et qu’il est nécessaire de l’ancrer sur son territoire pour qu’il puisse apporter des réponses adaptées aux enjeux. À travers l’art, rendre les habitants acteurs du changement sur leur territoire, pour répondre aux défis présents et futurs.
Dans cette même logique, plusieurs projets de la région placent la notion de développement communautaire (« community based development ») au cœur de leur modèle. Il s’agit d’une approche où les décisions et le suivi des projets sont assurés pour et par les membres de la communauté. Cela peut prendre la forme de sociétés coopératives au sein desquelles se nouent des partenariats public-privé : c’est par exemple le cas d’une coopérative communautaire créée dans le parc régional des Dolomites Lucaniennes, qui gère de manière collective certains équipements cédés en gestion par les pouvoirs publics. Le modèle juridique permettant cela se rapproche de celui des SCIC françaises.
Cela peut également prendre la forme de sociétés publiques impulsées par plusieurs acteurs, se fixant l’objectif de créer un maximum d’emplois sur le territoire. C’est ce qu’ont mis en place les municipalités de Castelmezzano et Pietrapertosa, au cœur du même parc régional. Pour développer l’attractivité de leur région, elles ont créé une société chargée d’administrer un équipement touristique d’ampleur : une tyrolienne géante reliant leurs deux villages. De ce fait, elles ont créé un nombre conséquent d’emplois non délocalisables. Aujourd’hui, la société organise de nombreux événements au cours de l’année et le secteur du tourisme emploie 70 personnes dans la seule commune de Castelmezzano.
Ces formes d’organisation, qui visent à rendre publiques des choses traditionnellement privées, favorisent l’émergence de solutions finement adaptées aux nécessités du territoire. Elles favorisent également le maintien de la population sur place, en l’impliquant directement dans la gestion des biens et services de son quotidien.
Les enjeux d’un développement basé sur le tourisme
Toutefois, si le développement touristique a permis de lutter efficacement contre le déclin de ces zones par sa capacité à créer des emplois, il est loin d’être neutre pour l’environnement, et cela pose des défis importants en termes de durabilité et de résilience.
La tyrolienne reliant Castelmezzano et Pietrapertosa, baptisée Il Volo dell’Angelo (« le vol de l’ange »), est à ce titre un exemple inspirant. En effet, elle permet à la fois de limiter le trafic routier (puisque le voyageur peut visiter les deux villages en « volant » entre eux), de mettre en valeur le parc naturel sans déranger sa biodiversité (puisque la zone est uniquement survolée), et de consolider la coopération entre les deux communes. Une solution surprenante qui trouve son public : depuis son ouverture en 2007, plus de 16 000 visiteurs ont tenté l’expérience.
Le village de Castelmezzano, au pied des Dolomites Lucaniennes
Pour conclure, si les enjeux territoriaux ne sont pas parfaitement identiques, cette visite apprenante a permis la découverte de nombreux modèles qui pourraient apporter des éléments de réponse au défi du déclin dans le Limousin. Citons par exemple l’encapacitation des habitants à travers les manifestations artistiques de grande ampleur, la valorisation du territoire à travers la redécouverte de ses mythes et légendes, ou encore la création de lien social à travers les sociétés coopératives. Nous rentrons en France avec des idées plein la tête et des étoiles plein les yeux !
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